« Oncle Marcel » : Wiaz rend hommage à Proust dans une exposition

Published by Nicolas Ragonneau on

Cabourg, par WIAZ.

Le peintre et dessinateur WIAZ rend hommage à « l’oncle Marcel » dans une exposition de portraits très intimes à partir du 9 décembre 2022 chez Pierre Passebon à la Galerie du passage (20−26, passage Véro-Dodat) jusqu’au 15 février 2023. Vernissage le 8 décembre de 18 à 20 heures.

Portrait de Proust par WIAZ pour Masques et Plumes, La découverte, 1986.

Il y a ceux qui tentent désespérément de dessiner Proust ou de le transformer en statue, et qui le ratent indéfiniment. Et puis il y a le Comte Levachov, le Prince Wiazemski, Pierre Wiazemski, plus connu sous le nom de WIAZ. Je crois que son livre Masques et Plumes, paru à la Découverte en 1986, prouve de manière éclatante qu’il est l’artiste qui l’a le mieux croqué. Et s’il n’y avait que Proust ! Car il a dessiné avec une égale maestria Antonin Artaud, Joseph Conrad, Alain-Fournier, Friedrich Nietzsche, Georges Perec, George Orwell, Colette ou la Comtesse de Ségur. J’ouvre souvent Masques et Plumes et c’est un plaisir toujours renouvelé. A chaque fois, cette virtuosité du trait… je n’en reviens toujours pas. La jaquette s’abime un peu, le livre commence à fatiguer. Pas moi.
J’ai eu la chance de rencontrer WIAZ de façon tout à fait fortuite sur une plage de l’île de Ré il y a un peu plus de deux ans. Dit comme ça, cette sentence ressemble à une brève de magazine people, rubrique « les parisiens en vacances », mais j’étais très ému, et excité comme un rat qui va aux pommes. On ne s’est rien dit de bien inoubliable sous le soleil de midi, on a évidemment parlé de Proust puis on a enfourché nos bicyclettes. Vraiment, je me demande parfois si je n’ai pas rêvé cette rencontre.

« Anti-Portraits »

Proust idéal par WIAZ.

Le dessin de presse, notamment dans Le Nouvel Observateur, est désormais une chose ancienne, mais WIAZ n’a pas abandonné complètement le dessin et la caricature. On en voit la trace sur les murs des restaurants qu’il fréquente, et même à la Fromagerie La Fontaine (Paris XVIe) : un portrait de Proust orne le cabas de la boutique, située tout près de la maison natale de Proust. Après s’être aventuré pendant quelques années dans le livre jeunesse, il a exposé ses premières toiles à l’été 2021 dans une galerie d’Ars-en-Ré, et c’est en peintre qu’il revient pour rendre hommage à Marcel Proust chez Pierre Passebon, à la Galerie du Passage (20−26, Galerie Véro-Dodat, Paris I). Alternant différentes techniques et supports, il y montre une série intime d”  »anti-portraits » pleins de délicatesse et de mélancolie, où la figure de Proust laisse littéralement entrevoir en surimpression celle de François Mauriac.

Proust, une affaire de famille

Et pour cause. François Mauriac n’était autre que le grand-père de WIAZ, et Claude Mauriac son oncle, dont il était très proche : « Nous entendions toujours parler d’oncle Marcel, Marcel Proust était un membre de la famille. »
« Mon premier Proust m’a été offert par Claude Mauriac, mon oncle.
Tante Marie-Claude, la femme de Claude Mauriac est la fille de Suzy Mante-Proust, dit Mamita, qui parlait toujours de l’oncle Marcel. Dans la famille, Proust a toujours été un monument de la littérature française.
François Mauriac, mon grand-père disait un jour d’un ton enjoué sur la terrasse de Malagar que la fin de la guerre était pour lui l’augure d’un grand bonheur car il pourra poursuivre la lecture de À la recherche du temps perdu et À l’ombre des jeunes filles en fleurs dont il était éperdument passionné. » (Extrait du catalogue de l’exposition).

Categories: Événements

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