Les parutions proustiennes du premier semestre 2022

Published by Nicolas Ragonneau on

Entre les rééditions bienvenues, les nouveaux essais, une uchronie, un dictionnaire des personnages et un autre, thématique, pour penser le temps avec Proust, un catalogue d’exposition et une Pléiade allégée, plus d’une douzaine d’ouvrages ouvrent cette année du centenaire.

Déjà parus

Tout nouveau, tout beau. Bulletin Marcel Proust 71 – 2021 (SAMP) Désormais sous la direction d’Elyane Dezon-Jones, le Bulletin Marcel Proust se présente sous ses tout nouveaux atours, avec une nouvelle maquette, une fabrication revue et tout en couleurs. Et d’excellentes contributions signées Pyra Wise, Cécile Leblanc, Jean-Paul Henriet, Eugène Nicole, Thierry Laget ou Jacques Letertre… Autant de raisons de rejoindre l’association qui compte désormais 750 membres.

Du beau monde. Mathilde Brézet, Le grand monde de Proust (Grasset). Un dictionnaire de grande envergure, mais qui tient aussi de l’essai, et qui s’intéresse principalement aux cent personnages principaux de la Recherche, et à quelques lieux.

Souvenirs. Elisabeth de Gramont, Marcel Proust (Bartillat). Réédition de l’essai de l’amie de Marcel Proust, avec une nouvelle préface de son biographe, Francesco Rapazzini.

Mars

Branche maternelle. Proust du côté juif, Antoine Compagnon, le 3 (Gallimard). Publié tout d’abord et pour partie en feuilleton sur le site du Collège de France, cet essai révèle comment les écrivains et les essayistes de l’entre-deux guerres ont utilisé le prestige de Marcel Proust pour faire avancer leur cause. Il constitue évidemment une sorte de prologue à l’exposition Proust du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme.

Le petit prince. Antoine Bibesco Mon petit Antoine, Correspondances et conversations avec Marcel Proust (Arfuyen) le 10. Après Ainsi parlait Marcel Proust, Arfuyen creuse son sillon proustien en rééditant cet ouvrage épuisé depuis longtemps.

Uchronie, le retour. Jérôme Bastianelli, Les années retrouvées de Marcel Proust – Essai de biographie (Sorbonne UP), le 15. La Vraie Vie de Vinteuil était finalement le premier volet d’un diptyque que vient compléter cette nouvelle fiction, qualifiée par son auteur d’essai de biographie proustienne. Le président de la Société des Amis de Marcel Proust imagine l’existence de Proust dans les années trente, jusqu’à sa mort au début des années 40 dans un ouvrage qui paraît au format de poche, à 8,90 euros.

Les multiples facettes du temps. Collectif, sous la direction d’Isabelle Serça, Proust et le temps – Un dictionnaire (Le Pommier), le 16. Voici sans conteste l’ouvrage le plus original et le plus attendu du premier semestre, fruit du travail d’une dizaine de chercheurs, de tous domaines, « qui ont tenté de penser le temps avec Proust » selon les mots d’Isabelle Serça. Celle-ci a par ailleurs invité quelques personnalités à plancher à leurs côtés, parmi lesquels David Bellos pour la traduction, Jérôme Bastianelli pour la musique, Etienne Klein et la physique théorique, ou encore Jean-Yves Tadié et moi-même.

De l’audace, toujours de l’audace. Alice Jacquelin, Osez (re)lire Proust (Librio), le 16. Un digest à la couverture très réussie, avec 25 extraits pour rattraper le temps perdu, soit une anthologie de la Recherche.

Les plaisirs sans les jours. Dominique Defer, Dictionnaire des plaisirs dans À la recherche du temps perdu (Le Murmure), le 25. Voilà un titre bien affriolant pour un ouvrage dont nous ignorons tout pour le moment.

Avril

Requiem. Anne Imbert a réuni les témoignages des amis et connaissances de Proust qui se trouvaient à son chevet à sa mort dans une belle anthologie intitulée Novembre 1922 publiée par la Société des Amis de Marcel Proust et de Combray. Disponible sur le site de la SAMP et dans quelques points de vente, notamment la boutique du musée éphémère Marcel Proust.

Casher. Collectif, Marcel Proust du côté de la mère (RMN), le 13. La deuxième des trois grandes exposition proustiennes de 2022 commence le 14 avril au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme quand celle de Carnavalet fermera ses portes, et son catalogue est annoncé à 256 pages. 

Pléiade compacte. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, nouvelle édition dans la Pléiade en 2 volumes (Gallimard, le 14 avril). Cette édition spéciale de la RTP en Pléiade présentera uniquement le texte de l’édition Tadié, sans notes ni variantes.

Pléiade, bis : essais. Le 14 avril également, une nouvelle édition de Contre Sainte-Beuve, des Pastiches et Mélanges, etc. est également attendue dans la Pléiade (Gallimard) sous la direction d’Antoine Compagnon.

Kudos to Bill. William C. Carter, Proust in love, une biographie érotique et sentimentale (Armand Colin), le 20. 18 ans après sa publication originale, la biographie sentimentale du plus grand spécialiste de Proust en Amérique paraît dans une traduction en français.

Langue(s) proustienne(s). Proust et la langue française réunit, dans la Revue d’études proustiennes (Classiques Garnier) les actes du colloque du même nom qui s’est tenu à l’automne dernier

Dossier. La Revue des deux mondes consacre un dossier important qui réunit des contributions inédites sur le thème « Proust et les juifs » (Nathalie Mauriac Dyer, Mathilde Brézet, Stéphane Barsacq, moi-même…). Le 29 avril en kiosque, le 11 mai en librairie. Lancement et présentation le 17 mai à l’hôtel Swann.

Mai

Comique. Le bréviaire de Laure Hillerin paraît en poche dans la collection Champs le 11 mai.

Juin

Encore un Robert. Arfuyen poursuit ses rééditions avec « Mon cher Robert », Correspondances et conversations avec Marcel Proust, à paraître le 2 juin.

Démasqué. Marcel Proust sans masque, une biographie de Roger Duchêne parue en 1994 et réédité chez le Passeur, avec une préface du fils de l’auteur, Hervé Duchêne.

Inédits. Ce sera un des événements du printemps, attendu le 9 juin : la correspondance inédite entre Marcel Proust et Horace Finaly, Lettres à Horace Finaly, établie par Thierry Laget, avec une introduction de Jacques Letertre, le tout chez Gallimard. Cette parution fera l’objet d’une soirée de lancement au Swann le jour de sa sortie.

Céleste en BD. Céleste Albaret et Monsieur Proust inspirent à Chloé Cruchaudet un diptyque, Céleste, « Bien sûr Monsieur Proust », dont le premier tome paraît le 15 juin chez Soleil.


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