« Ce que j’ai appris de Proust »

Publié par Jacques Perry-Salkow le

Jacques Perry-Salkow © Natacha Giraldo

Jacques-Perry Salkow, musicien, virtuose de l’anagramme et de la littérature à contraintes, coauteur de  Sorel Éros (Rivages, 2020), le plus long palindrome de l’histoire de la langue française, rend hommage à Marcel Proust.

Il me semble que le poète cherche à nommer le réel, ou du moins à dire quelque chose de lui. Il l’exprime au moyen d’une « jolie phrase », pour parler comme Proust. Car Proust lui-même le dit : c’est sous la forme de mots qui lui font plaisir que les choses lui apparaissent. Par suite, quand il a fini d’écrire, il se trouve heureux, comme si l’écriture l’avait parfaitement débarrassé de la réalité et de ce qu’elle cachait derrière elle.

Cela, je l’ai entrelu dans l’épisode des clochers de Martinville, « nobles silhouettes » que le petit Marcel distingue au soleil. J’ai compris tout à coup que cette poésie incluse dans les choses ne se découvrait entièrement à l’écrivain que lorsqu’il les avait formulées en phrases. La révélation était de taille. Ce jour-là, À la Recherche du temps perdu m’a appris quel suprême bonheur je pouvais attendre des lettres. Cette leçon valait bien une anagramme, sans doute.

Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust
Il songe à l’urgence, il songe au temps retrouvé.

Catégories : Proustiana

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