Proustonomics, un an de parutions proustiennes

Publié par Nicolas Ragonneau le

Des traces de Proust et de sa madeleine jusqu’en Macédoine du Nord. Nicolas Ragonneau dans une librairie de Skopje, janvier 2019. Photo Richard Simcott.

Un an de parutions proustiennes : Proustonomics fête son premier anniversaire.

Il y a un an, je publiais le premier article de ce blog pendant le Printemps proustien. Un an plus tard, Proustonomics compte plus de 100 articles. Si j’en ai écrit la plupart, je suis très honoré d’avoir publié des textes de Pyra Wise, Jérôme Prieur, Nicolas Christodoulou, Judith Bennahum, Philippe Blay, Jean-Christophe Antoine, Jérôme Bastianelli, Jean Frémon, Anthony Bulger (qui a traduit un de mes articles en anglais) et même une recette de cocktail de Dominique Janvier.
J’ai pensé que pendant ces heures irréelles, mornes, solaires mais tristes du confinement, vous seriez heureux de lire des articles à une fréquence plus élevée. Vous avez été nombreux à manifester votre enthousiasme et votre soutien. Je tenais à vous en remercier, car cela m’a encouragé et diverti autant que vous : j’avais l’impression de vous envoyer des lettres dans la nuit ; et peu à peu j’avais la certitude qu’elles vous parvenaient.

Un pasticheur virtuose

Au début de cette aventure proustienne, j’avais annoncé « un site joueur, avec ses pastiches, ses calembours, ses provocations potaches » et, soufflant le froid et le chaud, le sérieux et l’humour (drôle ou pas), je crois avoir tenu promesse. La première contrepèterie proustienne que j’ai publiée demeure indéchiffrable comme le linéaire A. Là-dessus, je dois l’avouer, vous m’avez beaucoup déçu.
Le Professeur Strocmer, dont on peut dire sans exagérer qu’il est un pasticheur virtuose, m’a envoyé un premier inédit dès le 24 mars. Il a compris très vite le naufrage des journaux de confinement d’écrivains qui envahissaient la Toile, mais a utilisé le motif de la réclusion comme Akira Kurosawa racontait son histoire de différents points de vue dans Rashōmon… ou comme Marcel Proust avec les pastiches de l’Affaire Lemoine.

Un savoir perdu

Après ce premier inédit de Proust, « La Confinée », vous avez eu droit à Michaux, Racine, Mallarmé, Baudelaire, Montesquieu, Duras, Ronsard, Bashô (avec sa version « d’origine » signée Catherine Garnier) et Queneau (et ce n’est peut-être pas tout à fait terminé). Il n’est pas le seul à avoir eu cette idée, d’autres, comme Nicolas Trotignon sur son excellent blog Le jardin aux chansons qui bifurquent, en publiaient également au même moment. Et même L’Obs, plus d’un mois après notre premier pastiche, donnait une série de pastiches du confinement au principe étrangement proche du nôtre. Mais aucun des pasticheurs n’a eu le cran de s’attaquer à la poésie comme l’a fait Strocmer, car sa parfaite connaissance de la métrique est tout simplement un savoir perdu.

Contributeurs

D’autres ont contribué à leur manière à ce site en acceptant un entretien ou en me recevant à l’occasion d’un portrait ou d’un article : Jean Findlay, Isabelle Serça, Valèria Gaillard, Pyra Wise, Geneviève Henrot Sostero, Maxime Beucher, Désirée Schyns, Philippe Noble, Gjorgi Marjanovic, Jean-Yves Patte, Dave, Patrick Loiseau, Jean-Yves Tadié, Jérôme Bastianelli, Michel Damblant, Thierry Laget, William Carter, Nicolas Drogoul, Thierry Thomas, Gérard Macé, Pierre Alechinsky, Carlos Eduardo Queiroz, Jacques Letertre, Benoît Puttemans — merci. Merci également à tous ceux qui ont proposé d’enrichir le grand lexique proustien.
Proustonomics serait pas tout à fait le même blog sans les images de l’agence Roger-Viollet et la grande diligence de Christophe Guglielmo et Elise Pichard. J’ai également une pensée pour mes amies Valérie Tolstoï à la Galerie Gallimard, Geneviève Munier-Teschner au Centre Pompidou et pour toutes les attachées de presse (et les attachés aussi, car il y en a) qui m’ont fait parvenir des épreuves non corrigées ou des livres.

Fauchés à l’envol

Enfin, alors que nous sommes sur le point de lever progressivement le confinement, je fais le vœu que nous pourrons, dès que possible, toucher des livres nouveaux, les feuilleter et les humer comme avant, et que toute la culture redevienne incarnée, tangible, vivante sous nos yeux et dans nos oreilles. Elle ne saurait être seulement numérique.
Parmi les articles parus depuis la fin du mois de février, plusieurs évoquaient des livres qui hélas, ont été fauchés alors qu’ils prenaient seulement leur envol : Le navire Arthur de Gérard Macé, Sorel Eros de Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter, et Hugo Pratt, trait pour trait de Thierry Thomas. Je leur souhaite de trouver, dans les semaines qui viennent, les lecteurs qu’ils méritent.

Catégories : Proustiana

6 commentaires

Guz · 9 mai 2020 à 9 h 32 min

C’est un immense plaisir de vous lire Cher Proustonomics

Gratitude

et surtout Une Très Bonne Continuation

Toubiana · 9 mai 2020 à 12 h 16 min

Heures de découvrir, grâce à Jérôme Prieur, ce site proustien, où le sérieux se mêle à la légèreté, et l’intelligence à la gaité.

    Nicolas Ragonneau · 10 mai 2020 à 11 h 32 min

    Bienvenue à bord, et merci.

Matthieu Wehrlé · 9 mai 2020 à 16 h 35 min

Vous êtes toujours, cher Nicolas, un veilleur et un éveilleur, attentif et généreux. Sans votre amicale sollicitation, ce Paul Strocmer, j’en suis persuadé, n’aurait sans doute pas autant écrit — pour notre plaisir à tous. Cela nous rappelle que si la littérature n’est pas plaisir et partage, mais seulement le miroir angoissé ou complaisant du solipsisme, elle ne vaut pas la peine. Proust lui-même n’y échappa que de peu.

Aurellyen · 9 mai 2020 à 18 h 37 min

Bravo encore cher Nicolas ! Ce fut une année très rafraichissante dans notre monde proustien, grâce à Proustonomics.

Nicolas Trotignon · 10 mai 2020 à 18 h 55 min

Merci beaucoup pour votre gentil mot sur mon blog, et bon anniversaire à Proustonomics (dont je guette maintenant les publications) !!

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